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Xavier VerdejoXavier

 

Plus de 40 ans d’engagement…

 Xavier VERDEJO est né le 21 juin 1954 à Pontarlier (Doubs) d’Angèle Fuster, native de Cuxac d’Aude et de Joseph Verdejo natif de Valencia (Espagne). Il est arrivé à Cuxac d’Aude en 1959. Aujourd'hui, il habite Narbonne.

 Etudes

 Titulaire d’un bac scientifique (C) en 1971, il s’oriente vers des études de Physique à l’Université de Toulouse-Rangueil puis il décide, l’année de son service militaire (Toulouse Francazal, 1979-1980) de s’inscrire en Histoire à l’Université de Toulouse-Le-Mirail où il obtient sa maîtrise en 1983 – Les mutations de la vie rurale à Cuxac d’Aude entre 1789 et 1914 – sous la direction de Rolande Trempé et Rémy Pech, puis un DEA (3ème cycle) en Histoire, Langue et civilisation occitanes –Premiers éléments pour l’étude des migrations en Narbonnais au XIXe siècle –(1984).

 Vie professionnelle

 Comme beaucoup de ses camarades de Cuxac, le premier contact avec le travail a été celui des vendanges, dans les vignes (dès 14 ans) puis à la cave coopérative. Etudiant, il a travaillé l’été avec son père, électricien, dans l’entreprise Madaule et, en tant que stagiaire, à la Comurhex. Les revenus de la famille ne suffisant pas à payer la totalité des études, il a travaillé à Toulouse comme « agent d’exécution » dans une entreprise d’intérim (Bis) durant l’année scolaire (1975-1976) avant d’obtenir un poste de surveillant en 1976 (à Castelnaudary puis à Narbonne), fonction qu’il exerce jusqu’en 1983 et pendant laquelle il a aussi enseigné les mathématiques durant une année au collège de Coursan.

Il devient professeur d’Histoire-Géographie en 1983 et effectue toute sa carrière dans l’académie de Montpellier, avec beaucoup de pérégrinations (de Beaucaire à Font-Romeu en passant par Béziers, Carcassonne, Sigean, Perpignan, Prades et Argelès). Il est muté à Narbonne à la rentrée 1994, au Lycée alors appelé « Cité Technique » mais qui devient ensuite « Diderot », puis « Louise Michel ». Il y reste tout le reste de sa carrière qui prend fin le 30 septembre 2016.

Il a enseigné en plus de l’Histoire-Géographie, l’occitan au collège « Le Bastion » à Carcassonne, l’Histoire et la Géographie de la vigne et du vin en section BTS « Force de Vente », option « Vente de vin » et l’Histoire et la Géographie en langue espagnole dans la section européenne espagnol dont il a, avec quelques collègues, impulsé la création, au Lycée Louise Michel de Narbonne.

Un triple engagement

Syndical

 Xavier s’est syndiqué à la CGT le lendemain de sa nomination comme surveillant au LEP (Lycée d’enseignement professionnel) de Castelnaudary, début novembre 1976. Muté à Narbonne à la rentrée 1977, il milite dans son établissement et à l’Union Locale dont il devient membre de la Commission exécutive puis du bureau. Très vite, il rejoint l’UD comme membre de la CE puis du bureau et enfin, il devient secrétaire à l’organisation en 1979. Il participe au titre du Comité confédéral national au Congrès de Lille en 1982, remplaçant dans ce rôle, Jean Montsarrat, secrétaire général de l’UD de l’Aude, Jean ayant toujours à cœur de pousser les jeunes militants à plus de responsabilités. Ce dernier est considéré par Xavier, comme un de ses trois mentors avec Guy Delmas (ouvrier agricole) et Emile Corre (cheminot), secrétaire de l’UL de Narbonne.

Les trois évènements qui ont le plus marqué Xavier Verdejo durant cette période, sont d’une part l’action unitaire (CGT, CFDT, FEN, Comité d’action viticole avec le soutien du PS et du PCF) menée pour la défense de l’activité de notre département en 1979, pour « Vivre, travailler et décider au pays ». Trois journées avaient été organisées : le vendredi l’action était autour de la défense de la ligne SNCF Carcassonne-Quillan (déjà !), « Le train des luttes ». Le Samedi, l’action continuait à la Cité de Carcassonne devenue « La Cité des luttes » et joliment pavoisée par les bannières syndicales et politiques. Trois débats étaient organisés sur les trois thèmes de l’action. Xavier avait codirigé celui sur « Décider au Pays » avec Alexandre Dumas (Secrétaire départemental de la CFDT), un représentant de la FEN et Jeannot Vialade, pour les CAV. Le dimanche la petite commune de Jonquières avait été le lieu symbolique de la lutte contre la désertification et la casse des services publics avec la réouverture de l’école du village, fermée peu de temps auparavant. Cette dernière journée s’était terminée, après un pique-nique « tiré du sac », par un mini concert improvisé de Mans de Breish et un « Baleti » occitan. viure al pais

Le deuxième évènement est la longue bataille des mineurs de Ladrecht (à Alès) en 1980-1981. Il a participé aux manifestations de soutien et à la solidarité pour aider le combat des mineurs qui a duré 1 an. Il se rappelle en particulier d’une journée, celle où avec Guy Delmas et Gilbert Tolza,il s’était rendu à Ladrecht pour récupérer un émetteur radio (les radios n’étaient pas alors « libres »). Les mineurs l’avaient caché au fond de la mine ! Guy, Gilbert et Xavier ont eu le privilège de descendre au fond, à plus de 800 m. de profondeur et ont ensuite partagé le repas avec les mineurs en lutte : au menu pain de la veille et ragout de patates… Pour Xavier ce fut l’un des meilleurs repas de sa vie !

Le congrès de Lille a été aussi un grand moment pour deux raisons, la première est que ce fut le départ de Georges Séguy et son remplacement par Henri Krasucki au poste de secrétaire général. C’est aussi lors de ce Congrès que Pierre Mauroy, maire de Lille et Premier ministre, lors de la réception organisée pour le Congrès à l’Hôtel de Ville, avec un certain courage, a annoncé « le tournant de la rigueur » qui sonnait le glas de tous les espoirs qu’avait donnés l’élection de François Mitterrand. Quelques mois plus tard, les 4 ministres communistes démissionnaient. Cette annonce avait été saluée par une puissante et mémorable bronca.

Xavier s’est aussi beaucoup investi dans l’éducation ouvrière (formation des militants de la CGT) tant au niveau départemental, avec Louis Prats (cheminot) que régional avec Jeannot Campourcy.

Enfin, Xavier a été l’un des fondateurs de l’Institut d’Histoire sociale régional de la CGT, présidé par Emile Grevoul (1983).

En 1983, devenu professeur de l’enseignement secondaire, il est obligé de quitter la CGT pour le SNES, syndicat de la FEN, la CGT ne syndiquant alors que dans l’enseignement professionnel. Il milite alors dans son nouveau syndicat tout en gardant la nostalgie de son premier engagement. La FEN a ensuite scissionné pour devenir la FSU. La grande bataille de cette période FEN et FSU a été, bien sûr la très belle lutte contre le plan Juppé en 1995, presqu’un mois de grève…

La FSU choisissant de rompre la situation qui existait depuis 1947 en ouvrant son champ de syndicalisation à l’extérieur de l’Education, Xavier décide de revenir à la CGT en 2005. Il intègre la CE de l’UL puis celle de l’UD. Il s’occupe plus particulièrement de la formation des militants et continue de militer dans son Lycée. Plusieurs combats l’ont marqué, celui contre le CPE en 2006 et celui sur la réforme des retraites en 2010.

Et, surtout, il est victime d’une « dénonciation calomnieuse » de la part du Front National de la jeunesse de l’Aude par l’intermédiaire de son secrétaire départemental, Loïc Bouzat qui pourtant n’a jamais été élève dans le Lycée. Il est reproché à Xavier d’avoir « travesti l’histoire du Front National ». Commence alors une longue période d’injures à son encontre sur les réseaux sociaux et plus particulièrement sur les (trop) nombreux sites de la fachosphère, ainsi qu’un harcèlement par téléphone et par courrier et de nombreuses tentatives d’intimidation. Il faut dire que Xavier VERDEJO a tout de suite porté plainte contre Loïc Bouzat. Dans son combat, il a reçu le soutien de l’ensemble de la classe de Terminale où auraient eu lieu ce qui pour le FNJ était « inacceptable » et qui n’était qu’une brève évocation du rôle de J.M. Le Pen dans la IVe et Ve République, en totale conformité avec les programmes scolaires. Il a été soutenu également par la grande majorité de ses collègues, par les parents d’élèves, par son proviseur et le Recteur de l’Académie, par son syndicat mais aussi d’autres (notamment la FSU) et par le PCF et le PS. Il a dû attendre plus de 4 ans pour que le procès ait lieu (septembre 2015).

 

Loïc Bouzat a été condamné pour « dénonciation calomnieuse » à 5000 € d’amende, dont 2500 avec sursis, et au paiement à Xavier, qui était partie civile, de 500 € de frais d’avocat et 1500 € de dommages et intérêts qu’il a entièrement reversés, pour moitié à l’UL CGT de Narbonne et pour moitié à la Maison des Lycéens du Lycée Louise Michel.

affiche Verdejo contre le FN

Enfin, il a, en 2012, défendu avec l’UL CGT de Narbonne, 4 salariés africains, salariés d’une entreprise portugaise sous-traitante d’une entreprise française elle-même sous-traitante d’une grande entreprise de restauration d’immeubles… Ils n’avaient pas été payés depuis plusieurs semaines et, pour le mois précédant ce non-paiement, l’avaient été sur la base du SMIC portugais tout en accomplissant des semaines de plus de 60 heures. Cette lutte a été victorieuse, les salaires ont été versés et les quatre ouvriers ont pu regagner le Portugal aux frais de l'employeur.

La dernière grande bataille à laquelle a participé Xavier en tant qu’actif a été celle contre la loi travail en 2016.

 Politique

 Dans ses années étudiantes, à Toulouse, il côtoie à partir de 1971 les anciens soixanthuitards. Attiré par l’action, il adhère à la Ligue Communiste qui devient la LCR et en reste membre jusqu’en 1978. Son entrée dans la vie professionnelle lui fait rencontrer d’abord les syndicalistes de la CGT, puis les militants du PCF. C’est à Saint-Etienne où il manifeste avec l’UL CGT de Narbonne pour défendre Manufrance, en 1979, qu’il adhère au Parti, auprès de Daniel Martin qui lui semble être le modèle du militant engagé, respectueux des autres, et surtout très présent dans l’action. Xavier participe alors à la vie et à l’action de la cellule de Cité technique forte d’une vingtaine de membres parmi lesquels des camarades aujourd’hui disparus, Hervé Gélis, Joseph Martinez et Daniel Martin.

En 1983, ayant quitté la Cité technique, il milite à la Cellule René Ader de Cuxac où il réside puis devient secrétaire de la Section de Coursan. Peu après il est élu au Comité fédéral puis au Bureau fédéral et, en 1989 au Secrétariat fédéral après avoir participé à l’école centrale du Parti à Draveil (août 1989). Il est ensuite invité à intégrer le collectif national de formation des militants avec pour dirigeant, d’abord Pierre Blotin puis marie-George Buffet. Il quitte ses fonctions au secrétariat fédéral peu après son élection au poste d’Adjoint au Maire à Cuxac d’Aude. En 2000, incapable de défendre la ligne politique de Robert Hue, il se met en retrait du Parti pour y revenir 10 ans plus tard afin d’aider les communistes à renforcer leurs positions dans la logique du Front de Gauche. Il n’exerce plus de responsabilités majeures au sein du Parti, privilégiant celles qu’il assume dans le mouvement syndical.

XVavecPLetChas

A Paris,

derrière

Pierre Laurent

et

André Chassaigne

Xavier a été plusieurs fois candidat à diverses élections :
- Municipales : en 1977 sur la liste de la LCR à Toulouse, en 1983, sur la liste communiste à Cuxac d’Aude, ainsi qu’en 1989 où il est élu avec trois autres camarades et siège dans l’opposition (scrutin proportionnel). Xavier a mené, avec ses camarades communistes une longue et dure bataille sur la question de l’eau, d’abord en s’opposant à la privatisation de la distribution et de l’assainissement puis une fois que la majorité socialiste eût voté cette privatisation, en se battant pour que l’affermage soit confié à la société qui proposait le prix le plus bas… Bataille perdue là aussi, mais qui a marqué les esprits et a prouvé notre capacité à gérer et à défendre l’intérêt des citoyens, notamment les moins fortunés.

En 1995, ce qui avait toujours été refusé par un PS omnipotent à Cuxac, se produit : une liste d’Union de la Gauche est constituée. Le PS sentant le danger de la perte de la Mairie, veut utiliser le PCF pour se sauver... Mais, le PCF n'a accepté qu’en posant deux conditions non négociables : la construction d’un programme prenant en compte ses propositions et l’assurance d’obtenir 3 postes d’Adjoints, ce qui a été accepté. C’est dans ce contexte que Xavier est devenu Adjoint aux affaires sociales.

Le moment fort de ce mandat a été sans aucun doute, les terribles inondations de novembre 1999. Xavier s’est consacré pendant de longues semaines à l’organisation des secours et à la répartition des aides. En désaccord avec le Maire, Jacques Lombard, sur la répartition des aides gérées par l’action sociale, il démissionne de son poste d’adjoint tout en restant conseiller municipal (2000).

Lors de son mandat, combattant, le clientélisme, monnaie courante chez certains élus, il demande à la secrétaire en charge du CCAS de ne lui fournir que des demandes anonymes, en notamment pour l’attribution d’aides.

 - Cantonales sur le Canton de Narbonne-Ouest (1994).

- Régionales en 1986.

 Associatif

 Xavier VERDEJO a toujours participé à la vie associative. Etudiant à Toulouse, il a été Président de l’Association de la Résidence Universitaire de Rangueil, une des plus importantes résidence Universitaire de France (ARUR). Il a également présidé la Maison des Loisirs et de la Culture de Cuxac d’Aude (MLCC). Il est l’un des co-fondateurs des Amis de Patrick, association qui a permis à Patrick, handicapé, de continuer à vivre à Cuxac. Il est membre de la République Libre de Cuxac ainsi que de la Commission archéologique et littéraire de Narbonne.

Du point de vue sportif, il a joué au basket au SOC (Coursan) et surtout au Rugby à l’Union Sportive Cuxanaise (3ème division) dont il a été ensuite co-président. Il a exercé les fonctions d’éducateur au sein de l’école de Rugby de la MLCC. Il a aussi longtemps pratiqué la pétanque et le jeu provençal au Pétanc’club cuxanais dont il a été le secrétaire.

Enfin, il loue une parcelle dans un jardin associatif de Narbonne où il pratique, avec son épouse – qui d’ailleurs en fait beaucoup plus que lui – un jardinage raisonné sans pesticides ni herbicides.

Depuis peu, il s’occupe aussi d’apiculture.

 L’Historien

 En plus de l’exercice de sa profession, Xavier a toujours participé à la recherche historique. Ce qui l’intéresse, c’est avant tout l’Histoire sociale très peu présente dans les programmes scolaires. La création d’un Institut d’Histoire Sociale par la CGT en 1982 l’a enthousiasmé et il est l’un des fondateurs de l’IHS-CGT Languedoc Roussillon (voir plus haut). Il a participé activement à l’IHS-CGT de l’Aude dont il préside le Conseil scientifique. Lorsqu’il le peut, il participe avec plaisir aux assemblées de l’IHS national. Il est un spécialiste reconnu de l’histoire des ouvriers agricoles du Languedoc pour la période du XIXe siècle et du début du XXe siècle.

1907Cela l’a conduit à organiser avec l’IHS-CGT de l’Aude, un premier colloque à Narbonne, dans le cadre du centenaire des évènements de 1907 : Les ouvriers agricoles et 1907, des liens complexes. Place et rôle des ouvriers dans le Midi en crise (12 et 13 mai 2007), colloque qui a connu un grand succès tant par la qualité des communications que par la forte participation du public.

Enfin, en mars 2011 il a impulsé, avec l’UL de Narbonne, un colloque international sur la Commune de 1871, organisé par l’IHS-CGT de l’Aude, l’Université de Paris XIII et la Commission archéologique et littéraire de Narbonne. Ce colloque a eu lieu dans le cadre prestigieux du Palais des Archevêques et a connu un succès retentissant.

D’autre part, Xavier a dirigé les Actes du colloque sur les ouvriers agricoles et 1907 et a publié deux catalogues d’exposition correspondant aux deux colloques. Il est aussi auteur d’articles, il a participé à d’autres colloques et donné de nombreuses conférences dans les communes viticoles audoises.

Enfin, il a été membre pendant quelque temps du Bureau de l’Association Maitron Languedoc-Roussillon dont il a démissionné il y a deux ans, trop pris par ses autres engagements.